Les anciens amis du Lycée auxquels j'ai écrit n'ont toujours pas répondu. Je ne sais si c'est dû aux vacances ou au fait qu'ils ne souhaitent pas reprendre contact. C'est étrange, j'étais persuadée qu'au moins deux d'entre eux auraient répondu. Maintenant, je n'étais pas sûre de toutes les adresses, donc je patiente.
J'ai eu des nouvelles de trois anciennes collègues, qui sont devenues au fil du temps des Amies. Elles sont toutes trois dans la même situation que moi : à la recherche d'un emploi. Plus le temps passe, et plus le pessimisme nous gagne, à divers degrés.
Hier soir, il y avait la rediffusion de l'émission "Zone interdite", axée principalement sur le licenciement de nombreux ouvriers d'une usine textile. Cela m'a remémoré de bien mauvais souvenirs : le licenciement par deux fois de mon père pour des raisons économiques (deux usines qui ont fermé tour à tour), et celui de ma mère, pour le même motif. Tout cela est bien vieux mais finalement, rien ne s'arrange.
Dire que j'ai fait des études pour ne pas travailler en usine, et ne pas finir au chômage. Et maintenant ? J'ai presque l'impression d'avoir fait tout ça pour rien. L'issue était inévitable ?
Bien sûr, si je n'avais pas dû travailler pour financer mes études, j'aurais pu embrayer sur un DEA, puis une thèse, et tout ce qui s'en suit, comme L. qui lui n'a jamais eu de soucis pour financer ses études. Mais comme il y avait de longs stages obligatoires, et ne pouvant subvenir à mes besoins sans travailler, j'ai dû changer d'idée et en revenir à mon idée première : devenir professeur. C'était sans compter sur le fait que chaque année le concours devient de plus en plus difficile, et le nombre de postes est encore et toujours à la baisse.
Je m'interroge beaucoup, car étant admissible à un concours de catégorie C (!), je me demande (si je réussis les épreuves d'admission) si je ne vais pas m'ennuyer dans un tel poste. Il y a bien sûr quelques possibilités d'évolution (heureusement), mais à la base, je suis une scientifique, et la Science va fatalement beaucoup me manquer.
Mais à notre époque, on ne peut pas cracher sur un boulot, quelqu'il soit. Je suis constamment sous pression, je sais que j'ai moins d'une année maintenant pour trouver un travail stable. Au delà, il faudra que je me contente de n'importe quoi, même un travail en usine. Et ça, j'avoue que dans ma tête, ça sonne comme un énorme échec. Non pas que je dénigre les usines, ou les boulots peu gratifiants, mais quand on s'est donné la peine d'essayer de s'en sortir pour éviter les galères, c'est frustrant.
Je suis loin d'être la seule dans ce cas, combien de personnes qui ont fait des études se retrouvent obligées de revoir leurs prétentions à la baisse. Je suis vraiment pessimiste quant à une amélioration de la situation. L'avenir me fait assez peur, et quand je pense à mes neveux et à ma nièce, à quelles situations seront-ils confrontés lorsqu'ils auront l'âge de travailler ? :(